Président du Département de la Gironde, Conseiller départemental du canton Sud Gironde

Sud Gironde

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000par3372736Voici le courrier que j'envoie ce jour au préfet de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, préfet de Gironde, pour renouveler mon opposition ferme à l'extension de la porcherie Le lay sur la commune de Saint-Symphorien.

Ce projet, en plein coeur du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, est en contradiction avec la double volonté politique  de déployer une agriculture respectueuse des femmes et des hommes qui vivent sur ce territoire et d'en protéger les milieux aquatiques et les sols.

 

Monsieur le Préfet,

Le mercredi 2 mars 2016, vous m’avez convié à la réunion de concertation sur le projet d’extension de la porcherie de Saint-Symphorien. Retenu par d’autres engagements, Madame Sophie Piquemal, Conseillère départementale du canton Landes des Graves et Présidente de la commission habitat et logement, m’a représenté.

A l’issue de cette réunion, vous m’avez demandé un avis circonstancié sur l’étude hydrogéologique du plan d’épandage de la SAS Le Lay. Après analyse du document par mes services, j’en retiens les éléments suivants :

- La production des effluents d’élevage (pages 7 à 14) suite à une éventuelle extension serait de 19 700 m3 de lisier par an, réparti comme suit : 5 185 m3 seraient incorporés à du fumier de cheval (compostage), 6 660 m3 feraient l’objet d’une séparation de phase (phase liquide épandue sans transformation et phase solide vers compostage) et 7 850 m3 de lisier seraient épandus en produit brut.

- L’étude hydrogéologique se focalise ensuite sur chacune des trois zones concernées par le plan d’épandage, dont une seule est située dans le département de la Gironde (zone de St-Symphorien – p15 à 39). Il est prévu que cette zone reçoive les effluents par épandage sous leur forme brute et non sous la forme de compost. L’épandage du lisier se fera en fertigation pour les pivots équipés en cannes et à la tonne munie d’une rampe à pendillards. Ce dernier dispositif est reconnu, comme permettant de réduire les odeurs, d’éviter la dérive de l’épandage par le vent et d’améliorer la précision du placement du lisier sur la parcelle.

- Pour la zone de St-Symphorien, l’étude conclut en page 39 que « la vulnérabilité intrinsèque de la nappe libre des sables et graviers plio-quaternaires est globalement forte, vis-à-vis des pollutions chimiques, car la formation aquifère est constituée de sables et de graviers, ayant une faible capacité épuratoire vis-à-vis des éléments chimiques et que sa profondeur est faible notamment en hiver ». En complément, bien qu’omettant de citer que ce secteur est classé en zone vulnérable nitrates au titre de la directive européenne nitrates, il est admis que « la qualité de la nappe est dégradée par les nitrates » et « qu’il est important de ne pas augmenter sensiblement la pression azotée du secteur ». Il est aussi indiqué que l’épandage n’aura pas d’incidence sur la qualité de la nappe du Miocène (présence d’une éponte importante), élément déjà confirmé par la Commission locale de l’Eau (CLE) du SAGE Nappes profondes de Gironde en 2014.
- En pages 68-69, certaines recommandations sont formulées sur les risques liés au plan d’épandage. Les risques porteraient sur (1) l’infiltration rapide des lisiers, lorsque les terrains sont très perméables et la nappe peu profonde (cas du secteur de St-Symphorien) et (2) le surdosage du produit de fertilisation, qui serait lessivé, en cas de pluie, vers les eaux superficielles et souterraines. Il est aussi indiqué, que, sur le secteur de St-Symphorien, « une augmentation globale des doses [de nitrates] sont à proscrire, compte tenu de l’état actuel des cours d’eau ». Dans le cas d’un respect de la réglementation, l’étude affirme que le plan d’épandage a bien pris en compte ces recommandations et permet de diminuer ces deux risques. A la lecture du plan d’épandage de janvier 2013, il semble conforme aux choix du pétitionnaire, à savoir une surface d’épandage élargie et une part de compostage des déjections animales.

Cependant, puisque la caractérisation géologique (sols sableux – très perméables) est clairement établie, il n’est pas recevable de retenir la proposition d’épandage de lisier brut sur ce type de sol (il s’agit d’ailleurs d’un des deux risques cités en page 68-69). Le compost serait l’engrais de ferme à privilégier majoritairement, d’autant plus si les systèmes de culture majoritairement concernés par l’épandage seraient plutôt du maïs, tel qu’indiqué lors de la réunion du 2 mars et dans le plan d’épandage.

La nappe des sables du Plioquaternaire et les milieux aquatiques du secteur de St-Symphorien seraient soumis à un risque de pollution par les molécules chimiques. En effet, malgré ma lecture attentive du plan d’épandage et de l’étude hydrogéologique, je n’ai pas trouvé de réponse formelle à l’aptitude des sols à recevoir les produits, prévus par ce plan d’épandage (tout particulièrement pour le lisier).

Dans l’esprit de la mesure-phare n°14 ‘Réduire les facteurs de pollution et d'enrichissement des cours d'eau et des milieux aquatiques’ de la charte du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, j’ai bien noté que les effets négatifs actuels de cette activité sur l’environnement doivent être éliminés, que la situation actuelle ne doit pas être aggravée et que le projet doit apporter des solutions sur ces problématiques environnementales. Ainsi, l’extension de cette activité aux seuls motifs économiques ne peut être envisagée, que si des travaux de mise aux normes pour l’installation actuelle sont réalisés dans les meilleurs délais. Pour cette mise aux normes, l’opportunité d’une unité de méthanisation pourrait être étudiée, dans un contexte, qui serait favorable (appel à projet du Ministère de l’Environnement ‘1 500 projets de méthanisation en 3 ans’ (clôture en septembre 2017)).

Je tiens à rappeler ici, la cinquième priorité de la Charte du PNR des Landes Gascogne au sujet lié aux activités humaines et à une agriculture raisonnée et diversifiée : « Sur plus de 30 000 ha, les grandes cultures dominent le paysage agricole du Parc. En réponse aux attentes locales, d’autres productions cherchent à se développer pour alimenter des circuits de consommation courts. Dans ce contexte, la Charte propose d’améliorer les pratiques agricoles, de limiter les impacts et d’éviter les développements préjudiciables (OGM, élevages industriels). Elle encourage le développement d’une agriculture paysanne pour une production et une consommation locale ».

En conclusion, je tiens à vous rappeler mon entière opposition à ce projet, cette position étant appuyée par une motion, votée en séance plénière de l’assemblée départementale du 14 avril dernier.

Comptant sur la prise en compte de cet avis dans votre décision, je vous remercie de me tenir informé de l’évolution de ce projet auquel j’accorde la plus grande attention et de la position que vous arrêterez sur ce dossier.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma considération distinguée.

 

Le Sud Gironde pris sur le vif

Originaire du Sud Gironde, je vous rencontre réguilèrement sur le terrain avec ma binome Isabelle Dexpert, Conseillère départementale. Voici une sélection aléatoire de photos prises sur le vif. Survolez les et cliquez dessus pour les agrandir.