Président du Département de la Gironde, Conseiller départemental du canton Sud Gironde

Gironde

Tous mes articles relatifs à la Gironde, au Conseil départemental et à l'actualité en général et des photos prises sur le terrain.

Il n’est pas dans mes habitudes de polémiquer. La fonction que j’occupe m’amène trop souvent à mesurer combien la prise de décision, les choix d’orientation en matière de politiques publiques, nécessitent de la mesure et de la raison pour être les plus justes possibles.

Mais il est aussi des combats qu’il faut mener. Celui de l‘écosystème Darwin, installé dans la caserne Niel à Bordeaux, en est un.

 

Mon propos ici n’est pas de juger les options politiques des parties prenantes d’un côté comme de l’autre, pas plus que la validité juridique de l’occupation du lieu : il revient aux acteurs principaux et à leurs experts de le faire.

L’avis que je souhaite exprimer ici est celui d’un gâchis qui s’annonce, et qui, au delà de Darwin, témoigne d’une lucidité défaillante à l’égard des changements fondamentaux de notre société.

 

Darwin incarne à Bordeaux un mouvement de fond qui transcende les pays, en même temps qu’il divise sur la vision du monde. D’un côté, la société productiviste, consommatrice de biens et d’espaces, énergivore, dont l’avènement fut la période des « 30 Glorieuses », et dont l’appétit insatiable s’inscrivait en réaction à la brutalité des deux Guerres Mondiales et de leur entre-deux. De l’autre, une société de responsabilité, de réparation, de résilience, qui tente de poser le pied sur le frein pour éviter l’irréparable, en proposant un modèle alternatif, plus respectueux de l’humain et de son environnement.

 

L’humain contre le profit, le respect environnemental contre la dégradation qui menace les générations de demain, une transition et des alternatives pour ne pas condamner notre planète à l’assèchement, aux dérèglements climatiques, à la disparition progressive de la biodiversité, aux migrations forcées, et probablement demain, aux conflits. Les indices et les marqueurs sont quotidiens sur ces sujets, et feindre de ne pas les voir confine à l’aveuglement suicidaire.

 

Darwin n’est sans doute pas un modèle parfait. Il a cependant le mérite, dans son expérimentation, de démontrer sa capacité à fonctionner et à provoquer l’appétence. Devenir le 2ème lieu touristique de Bordeaux témoigne combien il fait école, comme d’autres lieux similaires dans le monde, comme d’autres expériences aussi en secteur rural. Il est facile de le réduire à une usine à Bobos gauchistes. Son audace courageuse en fait pourtant un pilote, un modèle, une proue que l’on voit en tête du bateau. Le cap ne nous est pas encore précis, mais il faut lui laisser sa liberté : comme d’autres, ailleurs, il défriche, il cherche de nouvelles voies, il tente de nous éviter le choc contre la falaise, celui qui condamnerait irrémédiablement notre monde au chaos et à sa perte.

 

Pour toutes ces raisons, je signe, et invite à signer, la pétition « #laissonspasbeton » : pour que Darwin garde l’espace et l’oxygène qui nous est nécessaire pour faire naître un avenir soutenable.

https://www.change.org/p/comite-de-soutien-du-darwin-ecosysteme-laissonspasbeton

Le terrain pris sur le vif

Je sillonne la Gironde quotidiennement à la rencontre des Girondines et des Girondins, des associations, des entreprises ou encore des professionnels de l'action publique. Voici une sélection aléatoire de photos prises sur le vif. Survolez les et cliquez dessus pour les agrandir.