Président du Département de la Gironde, Conseiller départemental du canton Sud Gironde

Gironde

Tous mes articles relatifs à la Gironde, au Conseil départemental et à l'actualité en général et des photos prises sur le terrain.

Pointer du doigt la paille dans l'œil des autres pour ne pas voir la poutre dans le sien : voici la méthode qu'utilise de plus en plus l'Etat et qui me met profondément en colère.

Dernier exemple en date, la protection de l'enfance et les propos de la Ministre de la Justice, Nicole BELLOUBET, suite à la tribune dans le Monde des juges des enfants du Tribunal de Bobigny, qui dénonçaient la dégradation des dispositifs de protection de l’enfance.

"Je ne nie pas la responsabilité de l'État, mais je dis que la mise en œuvre des décisions de nature civile qui concernent les enfants, cela appartient aux Départements." 
Certes, Madame la Ministre, vous avez juridiquement raison. Mais puisque vous renvoyez les Départements à la paille de leurs responsabilités, regardons la poutre des vôtres.

En Gironde, certains des enfants qui nous sont confiés par la justice relèvent d'une prise en charge psychiatrique ou de soins en santé mentale, et devraient être accueillis dans des établissements adaptés. Or, c'est bien là une compétence de l'Etat. Faute de places dans vos établissements, nous sommes contraints d'accueillir ces enfants dans des structures qui ne sont pas outillées pour ce type d'accompagnement.

3 conséquences : 
- les enfants concernés ne bénéficient pas de la prise en charge dont ils ont besoin, ce qui est terrible pour eux ;
- nous mettons en grande difficulté les autres enfants qui sont accueillis avec eux et les personnels qui les accompagnent ;
- coût pour le Département : 15 millions d'€ / an, évidemment non remboursés par l'Etat.

Ce n'est pas faute de l'avoir écrit à la Ministre de la Santé et de l'avoir signalé à l'ARS, d'avoir proposé des solutions type familles thérapeutiques, d'avoir même signé une convention avec elle. En 3 ans, pas une avancée sur le sujet.

Quant aux mineurs non accompagnés, nous avons pour charge de les mettre à l'abri le temps de l'évaluation de leur minorité ou majorité, pour le compte de l'Etat.
Durée classique d'une évaluation : 2 mois. 
Remboursement de la mise à l'abri par l'Etat : 5 jours !!!

Depuis des mois, l'Assemblée des Départements de France tente d'obtenir réparation auprès de l'Etat concernant ce différentiel important. Les promesses se succèdent, mais n'ont à ce jour toujours pas abouti.

La Seine-Saint-Denis a déjà réagi à vos propos, mais tous les Départements sont concernés : Madame la Ministre, je vous apporte ici ma contribution, et me tiens à votre disposition pour approfondir ces premiers éléments, qui vous démontreront que notre paille départementale est bien légère face à la poutre de l'Etat.

Cela fait déjà bien longtemps que nos concitoyens ne se tournent plus vers Paris pour améliorer leur vie quotidienne, tant la déconnexion du terrain est devenue une réalité. Il faut être lucide sur la situation : l’espoir envers l’État s’est envolé avec les échecs successifs de nos politiques nationales, la confiance s’est dissipée pour laisser place à un sentiment de confiscation du pouvoir par une poignée de technocrates qui prétendraient pouvoir imposer depuis Paris leur diktat à l’ensemble du territoire.

Dans la vie de tous les jours, lorsqu’ils rencontrent un problème qui nécessite une intervention publique, vers qui se tournent nos concitoyens la plupart du temps ? Leurs élus locaux, parmi lesquels les Maires et leurs équipes municipales, ainsi que les conseillers départementaux. Nous en faisons, quotidiennement, l’expérience.

Pourquoi ? Parce qu’ils savent qu’ils trouveront un interlocuteur qui peut comprendre la réalité de leur situation et qui ne leur répondra pas qu’il suffit de traverser la route pour trouver un emploi.

Et qui peut encore aujourd’hui penser que les collèges, les routes de campagne, les projets de logements, l’insertion professionnelle, l’accompagnement des personnes âgées et handicapées, parmi tant d’autres exemples, seraient mieux gérés depuis des bureaux à Paris ?

C’est pour rappeler cette réalité au Gouvernement que les élus locaux se réunissent aujourd’hui à Marseille. Les trois principales associations d’élus locaux – Régions de France, Départements de France et Maires de France – unies au-delà des sensibilités politiques pour réaffirmer leur attachement aux libertés locales et à une République décentralisée.

Il ne s’agit pas d’une fronde comme j’ai pu le lire, nous ne sommes pas des adversaires de l’État. Bien au contraire, je reste convaincu que nous visons tous le même objectif : la réussite de notre pays. Mais il est de plus en plus évident pour chacune et chacun que cette réussite ne se fera pas sans les territoires qui portent au quotidien l’investissement et l’innovation dans notre pays.

C’est déjà une réalité concrète en Gironde : Qui soutient financièrement plus de 2.000 associations girondines dans leurs actions sur le terrain ? Qui accompagne plus de 100.000 personnes âgées et en situation de handicap ? Qui investit un demi-milliard d’euros pour participer à la réussite de nos enfants en construisant ou réhabilitant 22 collèges ? Qui apporte le Très Haut Débit jusqu’au logement le plus reculé de Gironde ? Le Département toujours, au plus près de tous, partout !

Elle figure au frontispice de notre République, comme pour rehausser, en les unifiant d’une patine protectrice, ses deux consœurs. Pourtant, alors que nous revendiquons nos libertés, alors qu’est régulièrement relevé le souci de l’égalité, curieusement la fraternité semble tue.

Comme remplacée par d’autres termes que pourraient être la solidarité, ou le « vivre-ensemble » usé jusqu’à l’écœurement, elle donnait le sentiment de ne plus être revendiquée.
Il aura fallu un homme de 97 ans, passeur éclairé, sage malicieux, généreux donneur de sens, pour réincarner la fraternité, révéler son évident supplément d’âme, lui donner de nouveau sa place : celle du Grand Axe autour duquel devraient tourner l’humanité et, avec elle, la planète qu’elle gangrène peu à peu.

Avec pédagogie et conviction, avec clarté et passion, Edgar MORIN fut cet éclaireur avisé : « Reconnaître autrui, c’est reconnaître à la fois qu’il est comme nous et différent de nous ». Une parole qui résonne et raisonne, dans une actualité qui ne veut faire passer l’autre que pour différent, et donc en provoquer le rejet.

Dans la fluidité d’une diction dont la voix ne laissait pas trahir l’âge, il a énoncé avec simplicité, en terres de Montaigne, la substantifique moelle qui constitue l’ADN de notre humanité : « La diversité humaine est le trésor de l’unité humaine, comme l’unité humaine est le trésor de sa diversité ». Bacheliers de l’année 2019, voici de quoi plancher sur un sujet qui peut tracer le chemin d’une vie bien faite, plutôt que bien pleine.

Et dans ce festival Climax qui constitue une pépite précieuse de réflexion et d’action dans notre monde de brutes, ses paroles renvoyèrent un écho singulier : « La prose de la vie, c’est ce que nous subissons, la poésie de la vie, c’est ce qui nous exalte ».

Climax 2018 fut donc une belle parenthèse poétique, nous exaltant pour exhaler ce qu’il y a de meilleur en nous afin de préparer, selon le slogan Darwinien, « demain, un monde moins pire ».

Il n’est pas dans mes habitudes de polémiquer. La fonction que j’occupe m’amène trop souvent à mesurer combien la prise de décision, les choix d’orientation en matière de politiques publiques, nécessitent de la mesure et de la raison pour être les plus justes possibles.

Mais il est aussi des combats qu’il faut mener. Celui de l‘écosystème Darwin, installé dans la caserne Niel à Bordeaux, en est un.

 

Mon propos ici n’est pas de juger les options politiques des parties prenantes d’un côté comme de l’autre, pas plus que la validité juridique de l’occupation du lieu : il revient aux acteurs principaux et à leurs experts de le faire.

L’avis que je souhaite exprimer ici est celui d’un gâchis qui s’annonce, et qui, au delà de Darwin, témoigne d’une lucidité défaillante à l’égard des changements fondamentaux de notre société.

 

Darwin incarne à Bordeaux un mouvement de fond qui transcende les pays, en même temps qu’il divise sur la vision du monde. D’un côté, la société productiviste, consommatrice de biens et d’espaces, énergivore, dont l’avènement fut la période des « 30 Glorieuses », et dont l’appétit insatiable s’inscrivait en réaction à la brutalité des deux Guerres Mondiales et de leur entre-deux. De l’autre, une société de responsabilité, de réparation, de résilience, qui tente de poser le pied sur le frein pour éviter l’irréparable, en proposant un modèle alternatif, plus respectueux de l’humain et de son environnement.

 

L’humain contre le profit, le respect environnemental contre la dégradation qui menace les générations de demain, une transition et des alternatives pour ne pas condamner notre planète à l’assèchement, aux dérèglements climatiques, à la disparition progressive de la biodiversité, aux migrations forcées, et probablement demain, aux conflits. Les indices et les marqueurs sont quotidiens sur ces sujets, et feindre de ne pas les voir confine à l’aveuglement suicidaire.

 

Darwin n’est sans doute pas un modèle parfait. Il a cependant le mérite, dans son expérimentation, de démontrer sa capacité à fonctionner et à provoquer l’appétence. Devenir le 2ème lieu touristique de Bordeaux témoigne combien il fait école, comme d’autres lieux similaires dans le monde, comme d’autres expériences aussi en secteur rural. Il est facile de le réduire à une usine à Bobos gauchistes. Son audace courageuse en fait pourtant un pilote, un modèle, une proue que l’on voit en tête du bateau. Le cap ne nous est pas encore précis, mais il faut lui laisser sa liberté : comme d’autres, ailleurs, il défriche, il cherche de nouvelles voies, il tente de nous éviter le choc contre la falaise, celui qui condamnerait irrémédiablement notre monde au chaos et à sa perte.

 

Pour toutes ces raisons, je signe, et invite à signer, la pétition « #laissonspasbeton » : pour que Darwin garde l’espace et l’oxygène qui nous est nécessaire pour faire naître un avenir soutenable.

https://www.change.org/p/comite-de-soutien-du-darwin-ecosysteme-laissonspasbeton

En 2018, les femmes françaises gagnent toujours en moyenne 27% de moins que les hommes. Elles effectuent encore à ce jour 80% des tâches ménagères. Ces discriminations sont une injustice inadmissible.

Plus grave encore, les violences qu’elles peuvent subir. Elles sont bien trop souvent minorées, quelles que soient les catégories socioprofessionnelles et l’actualité récente nous le démontre.  

 

Au Conseil départemental, première assemblée paritaire de France, nous n’avons pas attendu les révélations de l’affaire Weinstein pour nous saisir du sujet de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et en faire un axe fort de nos actions.

Dès la première année de ma mandature, j’ai souhaité créer une délégation spécifiquement dédiée à cette mission. Pour qu’elle soit à l’image de notre territoire, je l’ai confiée au binôme Clara Azevedo et Jean Galand, conseillère et conseiller départementaux, représentant à la fois les territoires urbains et ruraux, dont je salue la mobilisation pour relever ce défi de société.

 

Leur feuille de route est ambitieuse puisque le rapport égalité femmes-hommes, voté chaque année par l’assemblée plénière du Département, fixe 28 objectifs à notre collectivité en termes de promotion de l’égalité femmes-hommes, à la fois internes à l’institution et ouverts sur la société, dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques.

Je vous invite à consulter le détail du plan d’action sur le site du Département : https://www.gironde.fr/le-departement/legalite-femmes-hommes

 

La défense de l’égalité à l’échelle du Département traverse des sujets aussi divers que les missions envers l’enfance et la jeunesse, la gestion du RSA et des crédits européens ou, entre autres exemples, l’attribution des marchés publics. De plus, dans la mesure où il s’agit d’un défi partagé, le Département participe également à des actions de sensibilisation auprès de ses partenaires et soutient des initiatives locales en faveur de l’égalité femmes-hommes.

 

En la matière, et malgré des avancées notables ces dernières années, toutes les institutions partent de loin et nous avons tous encore, à ce titre, à balayer devant notre porte. C’est une condition sine qua non pour progresser. A cet effet, le Département s’impose un devoir d’exemplarité. Cela passe par un travail soutenu de sensibilisation et d’écoute des agents.

Cette année, la collectivité départementale met l’accent sur l’égalité professionnelle, avec différents rendez-vous organisés sur l’ensemble des territoires girondins puis à Bordeaux. De nombreuses thématiques ont déjà été abordées telles que l’accès aux métiers et aux filières genrés, l’évolution et les perspectives de carrière, la formation des agentes et des agents, les procédures de recrutement, les préjugés et le regard des collègues et des managers, l’égalité salariale, etc. Les constats interpellent forcément : conformément aux tendances nationales, les femmes sont par exemple les seules à prendre des congés parentaux, avec les répercussions que l’on connaît sur leur évolution de carrière…

 

D’ores et déjà, des actions concrètes ont vu le jour au Département qui sont autant de premières pierres à l’édifice de l’égalité. Je citerais par exemple la parité au sein du Conseil départemental des jeunes, la mise en place au mois de février d’une cellule d’écoute à destination des agents, la multiplication des formations à destination des managers pour lutter contre les discriminations, la programmation de journées de sensibilisation pour combattre ces dernières, ou encore le développement du télétravail, un des leviers possibles pour permettre aux parents de rééquilibrer vie professionnelle et vie familiale.  

La mobilisation des agentes et des agents du Département lors des rencontres organisées en amont et pendant cette Journée internationale des droits des femmes traduit un intérêt grandissant pour cette cause commune, dont je me réjouis. L’égalité femmes-hommes est l’affaire de toutes et tous.

 

Henri Beyle, mieux connu sous le nom de Stendhal, nous le disait déjà au XIXe siècle, à une époque où la domination masculine faisait loi : « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain ».

Le terrain pris sur le vif

Je sillonne la Gironde quotidiennement à la rencontre des Girondines et des Girondins, des associations, des entreprises ou encore des professionnels de l'action publique. Voici une sélection aléatoire de photos prises sur le vif. Survolez les et cliquez dessus pour les agrandir.